Rétrospective de mon année trail 2018 :

Dessinée fin 2017, mon calendrier de trail 2018 comporté 3 objectifs majeurs autour desquels j’ai articulé ma saison. Fin avril l’Ultra trail de Madère ; fin août l’UTMB et mi-octobre la Diagonale des fous. Autour de ces 3 grandes courses, quelques belles courses en guise de préparation. Pour cette année, j’ai accroché 25 dossards de course et couru en France, Belgique, Italie, Suisse, Espagne et Portugal. 4 victoires + 9 top10.

Un début d’année en fanfare, en janvier sur le sable fin de la plage du Touquet, qui a donné le ton de ma saison ! Une première course, une victoire et déjà une bonne condition physique.

J’arrive fin avril sur l’ile de Madère dans une bonne forme. Mon plan d’entrainement c’est bien déroulé, me permettant d’ajouter du vélo et quelques sorties trail bonus. Ma victoire sur le trail des poilus 62km, en atteste. Madère reste ma course la plus épique de l’année. Un départ à minuit et une grosse pluie rendant les descentes délicates. J’y casse un de mes bâtons et terminerai avec un bon vieux bout de bois.  Cette course offre de splendides paysages et malgré tout une belle douceur. Un très belle 27ème place dans cette course Ultra Trail World Tour.

Ensuite j’avais coché quelques courses techniques avec dénivelé. Un bloc de 4 trail en mai/juin : 52km Techni trail de Tiranges, 73km Grand Raid 73, 85km Ultra trail de Samoëns et 66km Epic Trail. Avec Tiranges une semaine après Madère (un peu proche !), j’ai tout de même apprécié ce tracé. Samoëns est sans nul doute la pépite de mon année : un trail superbe par ce qu’il offre de diversité de tracé, de paysage, d’expérience de trail. L’Epic Trail en Pyrénées Espagnoles fût ma 1ère course de format skyrun. J’ai trouvé ce que je venais chercher : dénivelé, technicité, soleil et chaleur. Une certitude, je ne kiff pas ce format où l’on joue au funambule sur les crêtes dénudées. A ce moment de la saison, je n’arrive pas à trouver le bon équilibre vie pro/perso et trail. J’accumule de la fatigue et commence à couper/supprimer des sorties de mon programme. Je m’aligne fin juillet sur l’ultra trail du Beaufortin 101km. J’abandonnerai à 12km de l’arrivée, vidé. Une défaite personnelle qui me trottera quelques jours en tête…Avec le recul, ce fut un bon choix. En août quelques blocs avec du dénivelé et un peu de vitesse sur le beau petit trail de l’eau blanche le 15 aout.

Le 2nd objectif de l’année est là, je suis sous l’arche de départ, derrière Kilian, Jim, Xavier, Jordi, Sylvain, … l’UTMB, sommet mondial de l’ultra trail ! Ma motivation et mon envie de vivre cet événement inhibe les potentielles doutes qui auraient pu survenir pour ce qui est mon 1er 100 miles. Une course qui sera passée à toute allure. Les moments forts : col du bonhomme avec un ressenti à -10°C, Caroline Chaverot qui me fait chuter avec ses bâtons, le dépassement de Jim Wamsley après plus de 100km et enfin une arrivée très forte en émotions dans Chamonix dans une ambiance de fou. 26ème au classement général, en 25h32m, incroyable !

Pas trop le temps de savourer derrière avec le 3ème et dernier gros objectif de l’année, le graal du trail, la diagonale des fous. Pas de gros bloc entre les 2 dates, juste le minimum. Tout comme à Madère, je conjugue trail avec vacances et tourisme. Tout comme sur la ligne de départ de l’UTMB, c’est une très grosse motivation qui m’habite. L’ambiance sur la zone de départ est ahurissant, un moment inoubliable et grandiose. La résultante sont mes 20km en tête de course, un truc que je n’avais jamais imaginé mais la magie de la course et le flow a fait le reste. Une course dur, belle mais très très difficile. Des paysages à couper le souffle et une ile avec une très plaisante diversité de chemins de trail. Une 42ème place en 32h16m.

Une fin de saison en douceur avec Olne-Spa-Olne 70km et les Gueules Noires 53km, sans objectif de performance mais avec la pression, la belge, celle d’après course que l’on partage avec les copains en se refaisant la course !

Et pour 2019 ? A date, aucune inscription de prise sur les courses. Elle sera différente c’est certain, je digère et savoure encore un peu tout ce que 2018 m’a apportée… à suivre !

Dimanche 25 Novembre 2018 : Olne-Spa-Olne 70km 2400mD+

23ème édition de Olne-Spa-Olne une des plus anciennes courses de trail en Belgique et également la grand-messe Belge de fin d’année. Après ma 1ère participation l’an dernier, j’y suis retourné pour prendre du plaisir sur une longue sortie dans une ambiance et une organisation simple et efficace.

Réveil à 4h30 et oui 3h de sommeil ! départ vers 5h15 avec Pascal et Philippe de la maison. 2h de route plus tard nous sommes à Olne. Après avoir récupéré notre dossard direction la ligne de départ. L’occasion de voir mon ami Florian avant le start. Julien de la Team du caillou est également de la partie et prêt à en découdre. Temps sec et 4 degrés à 8h05 pour le départ des 1000 traileurs… Les 3 premiers kilomètres sont avalés à une allure de 4min30s/km. Puis ça grimpe tranquillement. Le 1er ravito au 16ème kilomètre est ultra light, moi qui suis parti avec 2x500ml de liquide et 3 mini barres énergétiques, j’espère trouvé en route des ravitos plus costauds… Bref….la portion suivante est un peu plus roulante en forêt puis vers le 30ème de nouveau vallonné. Je suis annoncé 35ème peu avant le ravito du 32ème kilomètre. Là je prends bien le temps de m’alimenter et le papa de Julien est là. J’enfile quelques gobelets de riz au lait et c’est reparti. Je suis déjà entamé et sent bien que le niveau d’énergie est faible et qu’il va me falloir gérer et ne pas me griller. Je marche donc dans la longue montée derrière le ravito. Dans les descentes j’arrive à prendre la vitesse mais ne suis pas à 100% j’ai les adducteurs et cuisseaux qui sifflent un peu. Franchement je me sens un peu rincé vers le 45ème après le passage du château. C’est au ravito du 48ème que ma course je joue. La première féminine arrive au ravito au moment où je redémarre. C’est l’élément psychologique/mental auquel je vais m’accrocher, rester devant. A partir de ce moment, j’ai fait abstraction de mes douleurs et me suis centré sur mon allure. Marche en montée et petite foulée régulière dès que le terrain le permettait. Au ravito du 63ème je me prends un petit verre de soupe et c’est reparti. Le rythme est bon sur la fin avec 4min40, 4min36 et 4m30 dans les derniers kilomètres. Mais le chrono ne reflète pas mon ressenti sur la ligne d’arrivée, je suis rincé ! 30ème en 7h05m45s sur ces 70km 2400mD+. Le bon thé chaud réchauffe bien puis je file à la douche et repas chaud avec une bonne part de lasagne. Julien puis Pascal arrivent, sans bobo et satisfait de leur course. Florian et également là il remporte la course en moins de 6h. Je suis content pour lui, ce n’est pas le format de course qui lui convient le mieux mais ses qualités et son potentiel énorme suffisent. C’est ensuite autour de Philippe d’en boucler tout juste avant la tombée de la nuit. 4ème de sa catégorie il est visiblement encore en pleine forme à l’issue de sa course. Nous rentrons ensuite sur Valenciennes, fin d’un bon weekend bien chargé. Il me manque pas mal d’heures de sommeil mais les images et émotions emmagasinés vont perdurer dans le jours à venir et me donner l’énergie suffisante !!

A présent je ne vais pas charger les entraînements et réduire également le nombre de sortie. Prochaine et dernière course de l’année (pour le moment) le trail des gueules noires 53km le 22 décembre prochain avec Benjamin et Johan.

Classement ici : 

Photos ici

Samedi 24 Novembre 2018: Night trail du caillou, coté organisation

Tout commence samedi, réveil 6h30, départ 7h30 avec un stop à la boulangerie pour amener à toute l’équipe de la Team du Caillou sur le pont, l’énergie pour rester allumé jusqu’au bout de la nuit !

A 8h à la salle de St Waast nous nous activons dans la salle pour la mise en place des affiches, de la déco et montage des lumières. Vers 10h briefing et début du fléchage du parcours de 14km. Avec Yannick, Tony et Aurélien nous avons la portion contenant le dévers en forêt et le passage dans la rivière. Le terrain est bien feuillu, gras mais pas trop. Vers 12h30 retour des jalonneurs à la salle. Pasta party simple et efficace pour nos bénévoles en action. Puis sous une fine pluie, installation des barrières, tonnelles, lumières et dernières rubalises. Dès 17h les premiers participants arrivent. C’est la marche qui ouvre les festivités à 18h15 avec 150 heureux participants. Le départ est donné dans une ambiance festive et colorée. Le cracheur de feu enflamme la zone de départ !

Après ce départ, je suis posté avec Samuel sur la portion de route qui a pour but d’étirer le peloton des traieurs. Equipé avec notre gilet jaune, nous bloquons la circulation des voitures quelques minutes avant le départ. Ils sont plus de 500 à s’élancer à 19h30 sous un temps sec et 4 degrés. Nous assistons au feu d’artifice à distance puis quelques secondes après c’est un faisceau de lampes frontales qui nous fonce dessus, impressionnant ! Ils sont tous propres et prêt à entrer dans le vif du sujet 500m plus loin.

Une fois le dernier passé, nous rejoignons en fourgon Bettrechies avec Samuel ou nous devons protéger les coureurs de la circulation entre la sortie de la foret et le début du secteur de la voie ferrée.

Le premier coureur est en vue ! Les traileurs affluent au fil de l’eau, tous portent les stigmates d’une escapade en forêt humide et glissante. A ce point de la course, ils débutent a portion de la voie ferrée, tant redoutée et juge de paix ultime avant l’arche d’arrivée. Vers 21h30 Johan de la team ferme le parcours, signal d’un retour sur la zone de départ/Arrivée pour l’ensemble des jalonneurs. Après la tombola on s’active tous pour un démontage, rangement et nettoyage des installations. L’efficacité de la Team dans cet exercice est tout simplement impressionnant. Une fois le gros du travail accompli, c’est autour d’une grande tablée que nous partageons un petit verre houblonné bien mérité et quelques morceaux de pizza. La team du caillou a encore frappé, un carton plein ! Ingrédient clé de notre succès, nous construirons l’édition 2019 en intégrant les retours de nos participants afin de garantir à tous un moment unique !

Retour à la maison et au lit à 1h30… le lendemain sera compliqué…

Samedi 3 et dimanche 4 Novembre 2018: Bonne reprise

Après un premier run de reprise le 1er novembre, ce samedi 10km dans la campagne namuroise au petit matin. Puis 2 passages en spéciale sur le rally du Condroz. Vers midi je file à St Waast retrouver la team du caillou pour un débroussaillage du dévers du parcours du Night trail du 24 novembre prochain. On enchaîne par une petite réunion et apéro, pizzas.

Ce dimanche matin réveil 6h, départ dans le noire à 6h45 en VTT direction Escaudain pour prendre part à la rando VTT des mineurs. Inscription sur le 57km, gogo! Un tracé bien fléché et roulant avec quelques single tourbillonnants! Retour à la maison pour au total 85km de vélo sous un beau soleil et une fraîcheur matinale bien palpable. Après-midi rangement, sieste et 1h de marche sous ce beau soleil.

Un bon weekend chargé. Pour la fin d’année c’est fait, je me suis inscrit le 25 Novembre à Olne Spa Olne 70km 2500mD+ et le 22 Décembre, le trail des gueules noires 53km 2000mD+. 2 trails Belges OSO j’ai fait l’an dernier et l’ambiance me plait bien. Le 2nd ce sera une première, toujours bien de découvrir de nouveaux horizons…

Samedi 26 Octobre 2018: Saint-Denis, dernier jour

Après un bon dernier petit déjeuner à la chambre d’hôtes, direction Saint-Denis. Je gare ma voiture de location à l’est et m’offre une découverte intégrale de Saint-Denis à pied. Les grandes avenues piétonnes, commerçantes, les parcs, églises et les fameuses villa qui composent une belle découverte à chaque avenues. Je ferai également le petit et grand marché ainsi qu’une belle marche le long du littoral. A 18h la ville se couche rapidement et toutes les boutiques ferment instantanément. Un dernier resto créole et direction l’aéroport pour mon vol retour à 22h30. Fin de 2 semaines intenses ici sur l’ile de la Réunion. Une ile riche en spots d’exceptions et diversité de paysages. Une seconde semaine post diagonale des fous accès sur la récupération et le dépaysement. Le choc du retour est bien papable de 30 à 4 dégrés!!

Vendredi 25 Octobre 2018: Bras-Panon

Ce vendredi, je termine de combler mon manque de sommeil de ces derniers jours. Puis départ pour une marche à pied jusqu’à la cascade la Paix. Un aller retour d’une douzaine de kilomètres qui m’a fait découvrir un beau site plébiscité par les adeptes de canyoning. Promenade dans le centre de Bras-Panon début et fin d’après-midi.

Jeudi 25 Octobre 2018: ULM et cote est

Debout 6h départ 7h pour la base ULM de saint Paul près du port. A 8h05 je m’équipe et on décolle à 2 dans notre petit avion.  Direction Cilaos où l’impression de cuvette est forte une fois dans le cirque. Le ciel est bien dégagé. En revanche les volcans sont complètement dans les nuages et je ne verrai pas du ciel ma découverte d’hier. On passe dans Mafate et je vois la brèche et la montée du Maido empreintée lors du grand raid. La descente vers sans souci est bien visible également. Retour vers le port pour un total de 35min de vol. Le relief de cette île est très spécial et on comprend mieux les 200 micro climat qui y règne. Après cette mise en route direction St Denis. Je me gare en haut de la ville est fait une bonne heure de marche dans la ville en passant par le quartier de la cathédrale et le front de mer. Puis direction la cascade de niagara à l’est. Une petite chute d’eau isolée dans les champs de canne à sucre. Je continu ma route le long du littoral et m’arrête à St André à la pointe du champs Bornes. Halte dans un petit resto créole. Carry poulet palmiste très copieux. Puis petite marche en front de mer et je me dirige vers Bras-Panon. Stop à la vanilleraie pour une visite guidée de 40min. Intéressant de découvrir ce procédé simple, manuelle et long. Je gagne ma chambre d’hôtes à 500m de là. J’y suis bien accueilli et posé mes bagages. Un petit tour dans la piscine et sieste en terrasse. Je suis bien fatigué et skip le souper et m’accorde une bonne nuit de sommeil !

Mercredi 24 Octobre 2018 : Piton de la fournaise, citée du volcan, grande anse, cascade des gallets, jardin des parfums et épices, étang salé les bains

Levé 5h30, petit déj’ express et trempette des pieds dans la piscine et je quitte à 6h. 1h30 de route plus tard je suis à Pas de Bellecombe 2319m et 4°C réel, bien moins en ressenti avec le vent ! On voit bien le piton des neiges et le piton de la fournaise. L’accès à ce dernier n’est pas possible par le chemin car le volcan est en activité. Je me dirige à présent vers la plaine des palmistes. Un petit village suspendu au pied d’un cirque à 180° en montagnes vertes. Je prends un petit capuccino et direction la citée du volcan. Un musée très ludique sur notre terre, son analyse puis l’historique de l’activité sur l’ile. Une bonne heure de visite avec 10min de vidéo. Je troque ma tenue d’hiver pour celle de l’été et descente jusque sur la côte à Grande Anse. Une plage de sable fin avec des palmiers dans la digue, un beau spot. Petit stop à Manapany les bains, une petite portion de côte avec de belles vagues. A présent, je me dirige vers les terres et monte à la cascade de langevin. Une petite route avec des passages étroits et bien raides… quelques photos au niveau de la cascade puis route retour en sens inverse. Je fais une pause et m’achète une eau de coco dans sa coque d’origine. Je dégusterai cela un peu plus bas près du ruisseau. Route vers le sud est et arrêt au cap méchant pour une dégustation du cœur de palmiste frais. Très bon. Je continu la route et arrêt 10min plus loin pour la visite guidée du jardin des parfums et des épices. C’est un créole qui nous guide pendant une heure. Toujours impressionnant de découvrir la diversité des espèces. Retour par la route du littoral et stop pour moi à étang salé les bains. Une petite portion de plage de sable fin noir. Je me pose ensuite au resto pour souffler de cette journée ! retour à la maison. Fin d’une belle journée, avec un long périple mais des images à couper le souffle.

Mardi 23 Octobre 2018 : cascade des Aigrettes, cap la Houssaye, musée de Villèle, Conservatoire Botanique, St Leu.

Réveil en même temps que le soleil. Il y a toujours un gros vent mais un peu moins de nuage et surtout il fait sec. Je gars ma voiture en bord de route et à proximité du départ du chemin. Celui-ci descend rapidement pour nous mener le long d’une grosse rigole d’eau, qui rappelle un peu Madeira ! Après quelques centaines de mètres, un petit portillon mais juste ensuite, le portillon est clos. Cela m’oblige à déchausser et passer dans l’eau pour le franchir. Cela passe bien. La cascade est juste là derrière. Ni une, ni deux, je saute dans l’eau bien fraiche. Quel bonheur. Chemin retour ensuite jusqu’à la voiture.

Sur la route vers le musée de Villèle, je fais un stop au cap la Houssaye, un beau point de vue sur l’océan.

Le musée historique de Villèle, a été créé par le Département de la Réunion en 1974 sur une vaste propriété coloniale, l’ancienne habitation Panon-Desbassayns. Le domaine évoque la prospérité d’une famille créole qui a marqué l’histoire de La Réunion aux 18e et 19e siècles. La propriété constituait l’un des plus grands patrimoines fonciers de l’île. Figure emblématique, personnage très controversé de l’histoire réunionnaise, Madame Desbassayns (1755-1846) a administré avec fermeté ce grand domaine caractéristique de l’économie de plantation réunionnaise. Ainsi on trouve dans les pièces à visiter : la cuisine, un hôpital, une chapelle pointue.

Au sortir de là cap sur le jardin botanique au-dessus de st Leu. J’opte pour la visite guidée au départ à 11h. Nous avons le droit à la présentation de la collection réunionnaise. Des plantes spécifiques de l’ile. Après la visite, passage par la palmeraie et les 3 autres sections du jardin. De très belles plantes grasses sont là également. Un bon 2h de visite au total. Je redescends vers St Leu où après avoir garé la voiture, je fais le tour du centre-ville et remonte le long de la plage. A présent, je me dirige vers mon AirB&B dans les hauts de l’ile, près de Etangs salé les hauts. Je pose mes bagages et profite du rayon de soleil au bord de la piscine. Un bon repos après une journée très intense.

Jeudi 18 octobre 2018: jour J : la diagonale des fous ! !

L’ambiance de cette diagonale est mesurable au départ de mon bus à St Gilles. Le panneau digital devant le bus affiche GRAND RAID. 15 bus partis de St Denis circulent en convoi jusqu’au départ de Ravine Blanche à St Pierre. Le trajet me donne l’occasion de découvrir le rivage ouest de l’île. L’engouement est palpable dans les rues où les encouragements fusent à notre passage. Parti à 17h50, j’arrive à 19h05. Il fait déjà nuit et la température avoisine les 25 degrés. Je me dirige vers l’entrée du site de départ. J’y laisse mes 3 sacs d’allègement et vais en tenue de course, au contrôle du matériel obligatoire. Tout est OK pour moi. Je suis ensuite pris en charge par un bénévole qui me conduit jusqu’au sas élite. Je n’y resterai pas car la sono assourdissante et les 2h30 d’attente, m’en dissuade. Je trouve près de la tente de ravito une chaise et m’isole au calme. Les coureurs arrivent petit à petit. Je prends au ravito un café et petit pain choco pour patienter. Plus de 4h sans avoir grignoter…cela passe bien du coup! Je retrouve Adrien et Jérôme qui sont aussi là et profite de ces derniers instants avant le départ. 55min avant le départ j’entre dans le sas élite. Tous les favoris sont là et l’effervescence se fait sentir. Les journalistes en nombre partagent et retranscrivent l’instant. Nous sommes environ 50 coureurs dans la zone. On avance jusqu’à la ligne de départ réelle. Je suis idéalement positionné au centre de la route en 2nd ligne. L’instant est chargé d’émotions. Je suis dans un état d’esprit prêt à en découdre et attaquer la course. A cet instant uniquement des ondes positives. Le speaker fait monter l’ambiance et à 22h02 2300 fous prennent le départ.

Le bruit dans les rues de St Pierre est ahurissant !! C’est extrêmement impressionnant. La tête de course semble marquer une allure juste derrière les motos presse. Je me retrouve, sous le feu d’artifice tiré du port, en tête de course, avec un réunionnais. On échange quelques mots. Nous quittons la ville par des chemins au travers des champs de canne à sucre. J’allume ma frontale. Je suis bien et pas en sur régime. Je garde en tête que je ne tiendrais pas cette allure et classement après 165km. ..Je profite pleinement donc de chaque instant. Les encouragements sont nombreux à chaque traversée de village. Dans l’un d’entre eux c’est digne d’une étape de haute montagne du tour de France, où il faut fendre la foule pour se frayer un chemin. Le 1er ravito du 14ème kilomètres est déjà là. J’ai besoin de rien et en profite pour retirer le maillot de l’organisation qui commence à absorber l’humidité. A partir de là on rentre dans des petits chemins boisés. Après 1h45 de course François D’Haène me dépasse accompagné d’un autre coureur. Puis 20min après c’est un groupe de coureurs autour de Benoît Girondel et Antoine Guillon. A la lecture des noms sur les dossards je me dis ouaou !

Le chemin est toujours en montée régulière dans des pâturages marqués par le passage des vaches et ‘miné’ par leurs résidents. La température est toujours bonne même si avec les hauteurs on lâche quelques degrés. Entre Mare à Boue et Cilaos, fin de la nuit et j’assiste au lever du soleil sur les sommets, c’est splendide et rien que pour cela ça vaut le coup d’être là et vivre cet instant. Autre beau passage le col Kerveguen et sa descente très raid et technique. Équipée d’échelles et cordes. Je fais une descente sur un très bon rythme avec de belles sensations et du plaisir.

Vient ensuite le ravitaillement de Cilaos, j’y rentre et englouti en 1min une assiette de pâte et un morceau de poulet, accompagné de 2 yop. Je récupère ensuite mon sac d’allègement, j’y laisse manchettes, gants, tshirt du départ et tour de cou. Juste avant de repartir je croise Nathalie Mauclair qui rentre elle dans le ravito. Je reprends les chemins et là j’ai le ventre un peu chargé, rien de douloureux mais pas le top. Finalement, cela passe bien et j’aborde la montée du Taïbit très bien. Il est environ 8h et le soleil tape bien. J’ai enfilé mes lunettes de soleil et la caquette saharienne, équipement idéal pour de telles conditions. Le panorama de cette montée est splendide, quel décor ! Après le passage du col, descente sur Marla, une localité qui semble isolée et paisible au milieu des montagnes. Puis passage par la rivière des galets et la montée au col des bœufs qui est régulière. La descente s’effectue sur une grande piste large carrossable. Dans une descente je trébuche par l’avant et me rattrape sur le poignet gauche et le genou droite. Grosse frayeur, pas de casse, juste du vernis qui a sauté… Dans cette cuvette, la chaleur est étouffante ! Passage en sous-bois un peu plus loin avec de majestueux bambous, très atypique. La portion la plus difficile pour moi sera celle menant à l’école roche plate. Non pas par la technicité mais par la trace qui semble interminable en montée permanente. Au ravito je prends un verre de soupe aux vermicelles, fait le plein de mes 2 flasques et go dans le Maïdo. Sur le papier c’est 6km et 900mD+ c’est donc bien corsé. Le jour tombe progressivement et j’arrive tout en haut à la dernière lueur du jour. En effet 200m plus loin ma frontale est nécessaire. Une petite brume est présente mais la température est très agréable. Après un petit plateau j’atteins le ravito du Maïdo. Sur le papier c’est        14km de descente, dans les faits on fait un jeu de petites montagnes russes en sous-bois. A cet instant Nicolas Rivière, me dépasse (futur 3ème réunionnais), nous étions ensemble avant le départ. Très gentiment il me décrit le profil restant et ses conseils pour les appréhender au mieux. La descente vers sans souci est interminable, il y a bien que les petites grenouilles sur le chemin pour rompre la monotonie et répétition de ces marches. A Sans Souci, 2nd poste de ravitaillement avec mon 2nd sac d’allègement. Je fais une pause crêpes, et oui c’est un moment de réconfort qui boost bien. Dans mon sac d’allègement je remplace ma frontale et embarque le dernier tshirt. A ce moment je me sens bien, aucune envie de sieste, le sentiment que finir cette course est plus que réalisable (il reste environ 37km). Au point stop de la possession j’ai la chance d’avoir Philippe avec moi. Il est 1h30 du matin samedi et sa présence et ses mots galvanise mon énergie pour cette fin de course. De ce point jusqu’au suivant de la grande chaloupe, le paysage n’est pas grandiose, on passe par de petits village et champs de canne à sucre. Puis le chemin des Anglais, 7km de chemin en pierre qui se parcourent entre la marche et la course…toujours frustrant.

Dernière montée au Collorado où la pluie s’invite finement puis à très très grosses gouttes. Ma frontale n’est plus nécessaire, il est environ 5h du matin samedi. Cette dernière descente dans les cailloux se devait être un dernier tronçon avant le finish, permettant de retracer la course, elle se transforme en une descente dangereuse à chaque appui. Je dépasse Mimi Kotka, elle finira 15min derrière moi (mieux qu’a l’UTMB où elle avait abandonné). Saint Denis est en vue et le stade de la redoute encore dans sa torpeur matinale. Ma foulée est vitalisée par l’adrénaline du moment, entrée dans le stade, léger virage à gauche et l’arche d’arrivée est là. C’est fait, ‘j’ai survécu’ 165km, 10000mD+ 32h16m 42ème/2659 partants (697 abandons :26%)

Quelle course… ! Assurément la plus dure, une technicité très élevée, sans bâton (non autorisés), une météo chaude et sèche sauf sur ma dernière descente. Une ambiance inoubliable au départ de St Pierre et des images de ces panoramas grandioses qui vont rester en mémoire pour un bon moment.

Je reçois ma médaille et tshirt du finisher et passe prendre mes affaires pour une bonne douche. J’enchaine par un tour à l’infirmerie pour bien nettoyer mes hématome et soins des pieds. Dans la foulée 20min de massage de récup et repas d’après course. Retour sur St Gilles en compagnie de Guy. Sieste et rangement au programme. Récupération avec un peu de piscine, très bénéfique.

Dimanche matin, réveil à 6h, piscine, douche et direction le centre-ville de St Gilles pour un petit déj’ en bord d’océan avant de rejoindre l’Ermitage et son marché dominicale. Une belle ambiance colorée et parfumée, pour un marché à taille humaine et plaisant à arpenter. Je profite du passage pour mettre les pieds dans l’océan avant de retourner à St Gilles. 12km de marche que je ponctue par un tour à la piscine. Vers 12h30 direction St Denis avec Lucie et Samuel pour un bon restaurant avec Magali, Stéphane et leur famille. L’occasion de découvrir quelques spécialités culinaires locales. Nous immortalisons cette fin de course heureuse sur le bord de mer. Un 3/3 pour la team du caillou !

Nous retournons ensuite au stade pour récupérer mes 2 sacs d’allègement et féliciter Adrien et Jérôme pour leur accomplissement, non sans mal, de finir cet ultra. Ils sont ko debout…place à la récupération !

Nous assistons à l’arrivée du dernier finisher sur le coup de 16h et cela marque la fin de cette édition 2018 de la diagonale des fous.

Place à la découverte de l’île à présent (sur un autre mode et autre rythme) !

MERCI pour vos messages toujours nombreux, que j’ai reçu avant, pendant et après l’épreuve !!

Photos ici (et vidéos à venir)

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Ma carte de visite en 2 mots:

Footeux converti à la course à pied en 2009. Marathon: meilleure perf: 2h44min23sec (Francfort 2017) semi-marathon: 1h16min (Lille 2011) 20km: 1h17min48sec (Maroilles 2011) GR20 complet en autonomie, 5 jours (juin 2011) GTMC à VTT en autonomie, 6 jours (juin 2011) Tour du mont blanc en autonomie totale, 4 jours (juin 2013) Grande traversée de l'Hérault à VTT en autonomie, 3 jours (juin 2013) 2014: 4250km VTT et 4200km route avec Paris-Roubaix cyclo, tour des Flandres cycle, la Philippe Gilbert, BRM 223km, Lille-Hardelot, Tour du Luxembourg VTT 4 jours. Big 5 Marathon (mai 2015) Two Ocean Marathon 56km 4h06 (mars 2016) Comrades Marathon 89km 7h12 (mai 2016) TDS 119km 7200D+ 18h56 (aout 2017)

Auteur:

vinceduj


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